Amalthee est né de la rencontre de deux personnes : une artiste plasticienne, créatrice de bijoux contemporains ( entre autre ) et d’un créateur de vêtements plus axé sur la technique, la recherche de matériaux rares et l'envie de voyager que la mode vestimentaire.
Amalthee est une ... sorte de bête à deux têtes, union de la création, de la technique et des horizons lointains....

Cecile guedj

Cécile Guedj
plasticienne autodidacte
( bijoux – peinture – sculpture - installations)
Première collection en 1987

Plasticienne autodidacte depuis 20 ans, j'explore simultanement plusieurs voies: peintures, écriture, objets, bijoux, installations éphémères s'entremèlent et se répondent, s'enrichissent et se fécondent dans une pratique décloisonnée instinctive dont les fruits hybrides et les multiples ramifications forment au terme d'un long
( mé) tissage une arbor/essence chaque jour redessinée.

Primitif et contemporain à la fois, profondément enraciné dans une humanité millénaire et cependant d’une forme résolument
« actuelle », ce travail polyvalent est resté très longtemps pour moi un élan totalement mystérieux, incompréhensible, irrésistible et pourtant toujours signifiant, que je signai, d’instinct, les Mythes et moi. La formule, venue spontanément, s’imposant, pour tout dire, parlait d’elle même…

Cependant, dans cette pratique foisonnante qui a largement débordé l'atelier pour devenir la matière même de mon existence, le bijou occupe d'emblée une place majeure, centrale même,
comme une nécessité: colonne vertébrale, tronc, coeur: axe autour duquel tout le reste se déploie en variations infinies.
Car à travers le bijou s'opère la rencontre de la matière avec
le corps
(où le bijou inscrit sa trace solidaire articulée),
ce carrefour de peau à cinq branches où l’espace intérieur de l’être (Microcosme) rencontre l’Espace tout court (Macrocosme), lieu d’émotion (é-mouvoir : mettre en mouvement) et de tous les échanges : du plus « physique » (gestes) au plus subtil (pensée – langage – mémoire).

Le Corps : là où l’Etre se connaît au monde (co-naître : naître avec.) Théâtre, aussi, de la rencontre de l’Autre (Frère-semblable et/ou différent). Lieu où l’on se dit dans ce que l’on donne à voir (Image) de soi, le corps, par les sens duquel aussi le monde nous pénètre et nous « touche ». Porter un bijou c’est incorporer (au sens le plus littéral) un peu de la matière du Monde dans la matière vivante et sensible du corps : le bijou s’inscrit dans l’espace mobile du corps qui s’inscrit lui même dans l’espace du monde. La boucle est bouclée, le cercle, l'anneau magique: la Roue peut tourner...

Mais, au delà de la vocation de parure ( dont nous avons
aujourd’hui hélas oublié, pour une large part, la signification véritable pour n’en conserver, considérablement « affaiblies » que la dimension de l’embellissement et celle du « marquage » social)
LE BIJOU PRIMITIF EST D’ABORD UN RAPPORT DE SENS,
un « Lieu » de projection mythologique, un OBJET SACRE : IL parle de la puissance originelle du Monde et des Eléments, il investit son propriétaire de cette puissance et de cette protection – il opère un TRANSFERT des forces primitives du Macrocosme au Microcosme. Objet d'une invisible connivence, il symbolise
plus que tout autre le lien qui unit tous les règnes
( minéral, végétal, animal et humain).

En ce sens, porter un bijou est avant tout un RITUEL MAGIQUE où la dimension esthétique, loin d’être une « frivolité» , joue pleinement son rôle de séduction : être PARE, au double sens, c’est à la fois «être plus beau» et «être prêt»(à affronter le monde) Etre Paré, c’est être plus « visible », plus « attractif » et plus puissant dans la tribu des hommes – parce qu’investit des forces secrètes de l’Univers.

Inscrite pleinement dans cette lignée, ma recherche plastique possède une dimension ésotérique totalement archaïque.
Dans une langue formelle symbolique et silencieuse dont nous gardons tous la trace enfouie au plus profond de nos cellules et dans le vaste champ obscur d’un inconscient collectif toujours vivant, elle traduit ,comme aux temps reculés, quelque chose de la puissance oubliée du Monde, de sa beauté, et de son sens.
Elle parle de l’Univers, de l’Homme et des Etoiles, de la Matière et de l’Esprit qui l'anime, de l’Inspiration, des cailloux et
du vent , du temps qui passe et qui érode ou enracine… Elle explore notre place possible…Elle est, en somme, l’aspiration à voyager, le «dire» d’un ailleurs toujours vivant et constamment mobile, elle en est la trace tangible perpétuellement ré-explorée…

Comme tout acte de création mon travail exprime une dynamique fondamentale : respiration qui est la vie elle même ;
et parce qu’il touche le corps comme en son centre (et à travers le corps la Mémoire totale de l’Etre), il place l’Homme au cœur de cette création, révélant ce qu’Il est : un carrefour palpitant,
une étoile en mouvement, en devenir, dans un espace où les frontières (temporelles, culturelles) s’abolissent
au profit d’un sens archétypal. Il fait de celui qui l'accueille le lieu mystérieux d’un autre savoir et d’une autre expérience.


fabrice broquerie

Fabrice Broquerie
couturier autodidacte( enfin presque) et Analyste-programmeur( non-autodidacte)

Je ne saurai dire comment je suis tombé dans les vêtements ou ...les programmes.
Il y a très longtemps, dans une autre vie, j'étais fonctionnaire à France Télécom, mes premiers pas en informatique datent de là, mon envie de tout plaquer et de parcourir le monde aussi.
Tout plaquer est une chose, essayer d'en vivre une autre.
Après plusieurs années de voyages passionnantes mais pas très productives je reprenais des études d'informatique et créais une petite collection de vêtements en soie sauvage avec l'aide technique d'une amie couturière. la soie sauvage, achetée au fin fond d'un pays du bout du monde à de petits producteurs qui tissent encore sur de vieux métiers à bois, est une façon de rester dans la marge, de ne pas succomber au tout formaté, à la norme...accessoirement de continuer à voyager.
Vous l'aurez compris, je ne suis pas un pur créateur comme Cécile, rongée jusqu'à l'âme par une passion venue du fond des ages...
Sa rencontre m'a conduit à aprofondir mes connaissances en couture ( retour à la case école pour la xième fois) que je peux ainsi mettre au service de sa créativité débordante.

Clairement nous ne suivons pas la mode, peu d'influence de style ou de couleur, nous nous inspirons certes, parfois de modèles existant mais c'est uniquement pour les diluer dans l'esprit Amalthee que nous définissons comme "ethnique contemporain" c'est à dire issus d'un imaginaire à la fois multi-ethnique et urbain.

En ces temps de grandes invasions chinoises génératrices de masse production et masse consommation, de mode stéréotypé, de couleurs criardes, je suis plutôt...content de notre marginalité.
Notre production est minuscule et de toute évidence s'adresse à une minorité...c'est bien ainsi.